Documentation
Lorette
« Le 14 août 1951, rapporte Ana Sastre*, il décide d’entreprendre un voyage pour être à Lorette le 15 et y consacrer l’Opus Dei à la Sainte Vierge. Il fait une chaleur étouffante, la soif est pesante tout au long de ce trajet. Point d’autoroute. La route zigzague dans les vallées, se raidit pour franchir les Apennins et dévale après jusqu’à l’Adriatique.
D’après une tradition multiséculaire, ce fut en 1294 que l’on retrouva la Sainte Maison de Nazareth sur la colline de Lorette, blottie sous le transept de la Basilique que l’on construisit par la suite. Rectangulaire, avec des murs hauts de quatre mètres cinquante. L’un d’entre eux est moderne, mais les autres, sans aucun soubassement et noirs de la fumée des cierges, sont ceux de la Maison de Nazareth, aux dires de la tradition. Leur structure et la formation géologique des matériaux qui n’ont rien à voir avec les matériaux de l’ancienne architecture de la zone sont parfaitement analogues à celle des constructions d’il y a deux mille ans, en Palestine : des blocs de pierre friable assemblés avec de la chaux.
Le sanctuaire se trouve sur un tertre couvert de lauriers dont la Vierge tire le nom.

Le lendemain matin, avant que le soleil ne tombe d’aplomb, ils y retournent. En dépit de l’heure matinale, le sanctuaire est bondé. Le Père, qui a revêtu les ornements à la sacristie, se dirige vers l’autel de la Maison de Nazareth pour y dire la Messe. La petite enceinte est bondée et la chaleur, suffocante ».
La Sainte Messe
Sous les lampes à huile, il aurait voulu dire pieusement la Messe. Mais il n’a pas prévu la ferveur de la foule en ce jour de fête : « C’est ainsi que, lorsque je baisais l’autel, aux moments où les rubriques de la Messe le prescrivent, trois ou quatre paysannes le baisaient en même temps. J’en fus distrait, mais cela me toucha. Mon esprit fut saisi à l’idée que dans cette sainte maison, là où la tradition assure que vécurent Jésus, Marie et Joseph, sur la table de l’autel, sont gravés ces mots: Hic Verbum caro factum est. C’est là, dans une maison construite de main d’homme, sur un bout de cette terre où nous vivons, que Dieu a habité » (Quand le Christ passe, n° 12).
C’est durant cette Messe, sans formule officielle, mais avec des mots imbus de foi, que le Père fit la consécration de l’Opus Dei à notre Souveraine. Puis, à voix basse, il la redit, au nom de tout l’Opus Dei, devant ceux qui étaient près de lui : « Nous te consacrons notre être et notre vie ; tout ce que nous avons, ce que nous aimons et ce que nous sommes. À toi, nos corps et nos cœurs, nos âmes ; nous sommes à toi. Et pour que cette consécration soit vraiment efficace et durable, nous renouvelons aujourd’hui, à tes pieds, ô Notre Dame, le don de nous-mêmes que nous fîmes un jour à Dieu dans l’Opus Dei. Mets en nous un grand amour pour l’Église et le pape et fais que nous vivions pleinement soumis à tous leurs enseignements » (RHF 20755, p. 450).
Le Père avait quitté Rome, manifestement fatigué. Or, il en revint tout autre. Comme si tous les obstacles avaient été pulvérisés sur le chemin de Dieu. Cela faisait quelques semaines qu’il proposait à ses enfants d’invoquer la Mère de Jésus avec une jaculatoire, à répéter sans se lasser : « Cor Mariæ Dulcissimum, iter para tutum ! Cœur très doux de Marie, prépare-nous un chemin sûr ! » La route de l’Opus Dei a toujours été éclairée du sourire et de l’amour de la Sainte Vierge. Encore une fois, le fondateur a évolué dans le cadre de la foi. Il a mis tout en œuvre, humainement parlant, puis il n’a fait que compter sur l’aide d’en haut. « Dieu est toujours le même. Ce qu’il faut ce sont des hommes de foi : alors les prodiges dont nous parle la Sainte Écriture se renouvelleront ». « Ecce non est abbreviata manus Domini ». – Le bras de Dieu, son pouvoir, ne s’est pas raccourci ! (Chemin, n° 586)
* auteur de Tiempo de Caminar, pages 413-415
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